Origine de l'eglise

L'église Notre-Dame de Wihéries a été construite en 1723, et terminée en 1766. D'après les documents reproduit ci après, on peut supposer qu'une église plus petite se trouvait déjà à cet emplacement et qu'elle a été démolie pour faire place à un bâtiment plus important, on retrouve d'ailleurs les pierres de cette église dans le soubassement de l'église actuelle.

L'ancienne église est tombée en ruine suite à l'extraction des pierres tout autour ; dans les copies des documents ci après, on trouve une lettre d'un arpenteur nommé Blareau du 15 avril 1726, constatant les dégâts ; une lettre des habitants de Wihéries réclamant le paiement des dommages causés et la réponse de l'arpenteur Plon, dégageant toutes responsabilités des abbés.

«  Le soussigné arpenteur juré du pays et conté de Hainaut, demeurant à Wihéries, à la réception des gens de loi dudit lieu et accompagné de ceux-ci, je me suis transporté aujourd'hui 15 avril 1726 dans leur commune pour arpenter et mesurer la longueur et profondeur des dommages causés en celle-ci par le terrement de pavés fait par ordre des seigneurs dudit pays, pendant deux années ayant mesurer et arpenter tout le pays pour trouver le dommage. Est ne réduit à pied cube, à quarante mille quatre cent et sept pieds faisant en verge sept et un tiers cubes, tous les dits dommages ramassés ensemble, affirmant c'est que.

De plus et des plus que toute la dite commune étant en bon état, il fera un temps immémorable avant qu'il y en ait dans les dits endroits, des dommages fait, à moins que d'aplanir tout les escaliers de pavés et y faire voiturer des terres dessus, ce qui ne peut être fait qu'à grand frais à cause que dessous la dite commune étant tout plein de pierres, il faudrait faire venir les terres de trop loin, en fois de quoi, j'ai souscrit cette le 15 avril du mois et ans s'y dessus, de ma main  ».

Signé Blareau

Comme on peut le voir dans cette lettre, les dégâts qui avaient amené la destruction de l'ancienne église, ne risque pas de se reproduire, le sous-sol de Wihéries à cet endroit étant des plus solide.

L a lettre suivante a été envoyée après l'avis de l'arpenteur Blareau, elle demande aux abbés de Saint-Ghislain, d'intervenir aux frais occasionnés dans la construction de la nouvelle église.

Messieurs les députés des états du

pays et du Comté du Hainaut

Démontrent très humblement

«  Les Pasteurs, Mayeur et Echevins de Wihéries, que leur ancienne église tombant en ruine, ils ont été d'obligation d'en faire construire une nouvelle beaucoup plus grande que la première, à cause de l'augmentation du peuple, laquelle se trouve aujourd'hui une des plus belle et des plus riante église de la campagne. Mais comme par les dépenses qu'il a fallut faire, les biens de leur église et de la communauté se trouve notablement obérée, et que n'ayant argent à la main, ils doivent compter diverses sommes aux ouvriers qui y ont travaillé, ils représentent à leurs révérences et seigneurs, que depuis deux ans finis au 15 avril 1726, l'on a fixé par ordre des dits Etats sur les communes appartenantes à leur communauté, par lequel sûrement l'on fait des grosses détériorations de telle sorte que le dommage ne sera réparable qu'à grand prix, constatant de cela par l'acte ci-joint de l'arpenteur juré de ce pays, qui en a fait la mesure.

Sujet qu'ils supplient très humblement leurs dites révérences et seigneureries de les gratifier d'une certaine somme au profit de leur église en compensation des dits dommages causés et d'ordonner à leur receveur de la payer incessamment pour se mettre à l'abri des frais que les ouvriers pourraient leur causer  »

L 'avis de l'arpenteur Plon, désigné par les abbés est contraire à la demande des habitants de Wihéries et reportent sur eux le paiement des dommages causés à leur église.

Du 30 août 1726, avis de l'arpenteur Plon.

«  Déclarant le dommage causé et à quoi peut porter le désintéressement prétendu.

Le soussigné à l'honneur de dire pour avis que les dommages mentionnés ont été fait par les manants du dit lieu qui avaient un prix à la quantité de cailloux qu'ils livreraient et qui supposaient que les dits dommages seraient payés par l'état.

Ils se montent à sept livres dix sols une fois pour les sept verges et demie mentionnées dans l'acte qu'ils joignent de leur arpenteur. Fût les pieds de dix patars à la verge selon la taxe ordinaire, quant au reste des dommages mentionnés dans le dit acte, il en a été par des ouvriers du dit lieu, comme l'on peut voir dans les comptes de la dépense du renouvellement de la chaussée de Nimy à Casteau en la fin de la deuxième mise en activité des pierres : Decamps et Jean Coché. Dequel est passé l'acte comme le tout a fait à l'agrément des Mayeurs et échevins du lieu, laissant le tout en la discrétion de vos seigneureries, a signé cette le 4 de l'an 1727  ».

Signé Plon

On peut d'ailleurs voir dans la copie de la lettre suivante, que les abbés n'engageaient pas souvent leurs responsabilités, ni ne payaient pas facilement les réparations que l'on devait effectuer à l'église.

En 1776, la flèche de la tour de l'église menace de s'effondrer, l'abbé comme les habitants de Wihéries de procéder aux réparations et prend la précaution d'avertir ces habitants de leurs devoirs dans le bonne conservation du bâtiment.

«  La négligence affectée depuis plusieurs années dans les réparations et entretiens de la flèche posée sur la tour de l'église paroissiale de Wihéries, étant devenue aujourd'hui si notable et criante par un dévissement sensible et palpable dans toutes les parties qui la composent, qu'il y a tout lieu de craindre dans la suite que son dévouement ou renversement endommageront des parties considérables de l'église prédite et des chapelles collatérales. C'est pourquoi les abbés et religieux de l'abbaye de S t Ghislain en leur qualité de collateur et décimateur de la paroisse susdite, font sommation, une fois, seconde et tierce au Mayeur, Echevins et manants dudit Wihéries, à ce qu'ils aient à procéder incessamment à toutes les réparations nécessaires à la conservation durable de cette flèche et ainsi éloigner les dégâts qu'elle pourrait insensiblement occasionner dans la suite des temps, par la chute si la même négligence continue d'avoir Lieu.

Les avertissants que conformément au placart de sa M.J.R. et A. en date du 25 septembre 1769 et selon les interprétations de celle-ci, ils doivent remettre toutes choses en état, relativement à leur église et parties de celle-ci, avant que d'en faire la délivrance aux collateurs et décimateurs et cela en dire d'experts. Et afin que les dits Mayeur, Echevins et manants ne prétextent aucune cause d'ignorance, copie de la présente sera délivrée à N. Rousseau, Mayeur dudit Wihéries et autre copie affichée sur la porte de l'église paroissiale à l'issue de la grand messe, le trois de mars deuxième dimanche de carême 1776, avec la relation du Sergeant d'office pour servir au besoin, protestant de tout dommages et intérêts qui peuvent résulter de leur défaut.

Le soussigné Sergeant de l'office de Saint Ghislain relate d'avoir affiché copie de la présente sur la porte de l'église paroissiale de Wihéries à l'issue de la grand messe le 3 mars 1776. Semblable copie a aussi été délivrée au domicile de N. Rousseau ; Mayeur dudit Wihéries, parlant à lui-même, le 2 mars 1776  ».

Signé Jacques Faidherbe

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