La fanfare "La Revanche"

Fondé en 1903, la fanfare ouvrière de Wihéries, " au départ la fanfare Socialiste  " doit son titre "  La Revanche  " à un échec de la première liste socialiste aux élections communales.

Depuis exactement trois quarts de siècle, elle a son siège à la Maison du Peuple.

Pendant quelques années, la société fut conduite par Monsieur Théodore Baton, bon musicien amateur qui eut le courage et la patience d'inculquer les premières notions de musique à des jeunes gens pleins de bonne volonté, certes, mais dont certains ne savaient même pas lire !

Car il faut savoir que la plupart avaient été mis au travail bien avant d'avoir terminé leurs études primaires et qu'en ce moment là, il n'était pas question d'obligation scolaire, mais de lutte pour la vie.

Lorsqu'en 1905, le comité de la fanfare "  La Revanche  ", appela à la direction de celle-ci Monsieur Arthur Cornez de Pâturages, on vit s'amener au pupitre directorial, un jeune chef tout frais émoulu du Conservatoire Royal de Bruxelles, où il venait de terminer brillamment ses études musicales avec le basson comme instrument.

La voie de la phalange était tracée et en 1910 déjà, elle participait en deuxième division au concours international de Chauny ( en France ) où elle obtint le premier prix en lecture à vue en exécution et en honneur avec le prix de direction au chef, les félicitations du jury et le prix ascendant en division supérieur.

Mais avant d'affronter cette joute, que de répétitions en salle et en plein air, de lectures à vue sur des ouvres les plus diverses pour aguerrir les musiciens, les rendre plus confiants et ainsi prêts à la bataille ! 

C'est avec une joie délirante que fut accueillie la proclamation des résultats et il va sans dire qu'à partir de ce moment, la société ne parvint plus à répondre à toutes les invitations de concert qui lui parvenaient.

La première guerre mondiale, dans laquelle notre pays fut entraîné à son corps défendant dès le 04 août 1914, paralysa totalement les Sociétés Musicales au point que Adolphe Cantineau, premier président, ne put recevoir l'ultime hommage lors de son décès en 1.915, de la phalange qu'il avait créée en 1.903 avec une pléiade de braves...

En 1919, la reprise.

L'Armistice du 11 novembre 1918, date mémorable, ayant mis fin à la tuerie guerrière et permis la signature de la paix en juin 1919, "  La Revanche  " rassembla au cours du deuxième semestre de la même année, ses éléments restés disponibles pour reprendre le collier...

Indépendamment de son concert annuel et des deux concerts de la localité, la phalange continue à se produire aux divers concerts pour lesquels elle était sollicitée au dehors et c'est alors qu'elle participa en 1926 au concours international de Vilvorde-lez-Bruxelles, en première division.

Le résultat fut magnifique, couronnant ainsi les efforts consentis, car la société était de nouveau classée la première avec le premier prix en lecture à vue, en exécution et en honneur, le prix de direction au chef et les félicitations du jury.

De succès en succès.

L'institut Provincial de l'éducation et des loisirs ( IPEL ) ayant entre-temps créé les tournois provinciaux d'art musical, "  La Revanche  " y participa en 1928 à Mons ( 1 er division ) ; en 1930 à Charleroi ( excellence ) ; en 1933 à Pâturages ( honneur ).

La deuxième guerre mondiale (1940-1945 ) força de nouveau les sociétés musicales à se terrer.

Nouvelle relance

L'activité se dessina davantage fin 1945, la participation au tournoi provincial de 1948 ( reprise ) fut décidée et c'est à Dour cette fois que la société se produisit en première division, toujours avec succès.

Le début de l'année 1949 vit le départ du chef Arthur Cornez du un peu à son âge mais surtout à son état de santé qui inspirait de grandes inquiétudes aux musiciens, qui étaient tous ses amis, en raison de ce qu'il souffrait d'aortite. L'appel lancé pour le remplacement à la direction amène la désignation, après vote, de monsieur Edouard Liénard, brillant élève et lauréat du conservatoire Royal de Bruxelles d'où il sortit le premier, tant pour le solfège, la transposition, la fugue, le contrepoint et la composition que pour l'instrument ( trombone ), où il se distingua particulièrement.

Vers les honneurs.

Monsieur Edouard Liénard prit donc la direction de "  La Revanche  " le 1 er mai 1949 et en 1952, il présentait la société au tournoi provincial d'art musical à Dour, en première catégorie.

Entre 1952 et 1957, la phalange eut le grand honneur de se faire entendre au parc communal de Dour à deux reprises différentes et chaque fois, le premier dimanche d'août, au côté de l'Harmonie et de la Garde républicaine de Paris. L'auditoire extrêmement nombreux et enthousiaste n'a pas manqué de manifester son appréciation et sa vive satisfaction.

En 1958, la phalange se présentait au tournoi national de musique de Binche où, en catégorie " excellence " elle se fit apprécier à nouveau. En 1960, ce fut la participation au tournoi national d'excellence d'Anvers où "  La Revanche  " se classant première sur dix sociétés se présentant dans la même catégorie, obtenait la médaille d'or avec la mention inscrite sur le diplôme  "  Révélation du tournoi national d'excellence d'Anvers 1960  ".

Le tournoi national d'honneur de Zwevegem-Lez-Courtrai, en 1961 fut à nouveau pour la phalange l'occasion de se révéler une société instrumentale de réelle valeur, car son audition lui valut un succès triomphal.

En 1965, elle réalisera le tour de force de participer en juin d'abord au tournoi provincial en catégorie " excellence " (en salle à Wihéries) et le 10 octobre, au concours international division "excellence" de Machelen-lez-Vilvorde. L'appréciation du jury fut des plus favorable pour le tournoi et la société se vit attribuer le premier prix (exécution unique).

Elle s'est admirablement comportée lors des rencontres provinciales d'art musical en 1968 (à Wihéries) de même qu'à celles de 1.971 et 1974 auxquelles elle a participé respectivement à Chièvres et à Wihéries (salle de la Royale Harmonie "  La persévérance  ") en même temps qu'une société sour " La royale Fanfare de Dour  ", dirigée également par monsieur Edouard Lienard.

La " Revanche " continue

Le renon de la phalange s'est affirmé et maintenu au cours des années et actuellement, malgré les grandes et nombreuses difficultés résultant de l 'évolution et qu'il serait vain de nier, la fanfare ouvrière " La Revanche " conduite par un directeur, dont le talent n'a d'égal que sa grande modestie, honore et défend toujours bien la musique populaire.

Le 10 septembre 2000

Ø Concert à la Maison du Peuple de Wihéries en collaboration avec L'Orchestre "  L ' Avenir  " de Frameries.

Noël 1999 et 2000.

Concert en l'église de Wihéries.

Présidents qui se sont succédé à la tête du comité :

Ø Adolphe Cantineau " Fondateur "

Ø François Jumeau (père) " ancien bourgmestre "

Ø Louis Deleuze (père)

François Dehon

Ø Joseph Vinent

Jules Sartieaux " ancien bourgmestre "

Ø Louis Dury " ancien Bourgmestre "

Ø Emile Libiez " ancien bourgmestre "

Ø Président d'honneur " Duquesnoy Philibert "

Premier Comité.

Ø Président " Cantineau Adolphe "

Ø vice-président " Jenart "

Ø Secrétaire " Dehon François "

Ø Trésorier " Capouillez Edouard "

Ø Commissaires " Bastien Jules, Capoullez Henri, Dubuisson Emery,

Delmotte Philippe, Gilron, Gallez Augustin, Jumeau François ".

Quelques blagues.

La répétition bat son plein à la fanfare et à un certain moment, pour une reprise, le chef désigne un endroit indiqué sur la partition :

Allegro.

Comme mu par un déclic automatique, un musicien, genre poids lourd se lève et se met à jouer seul. " Qu'est-ce-qui vous prend " dit le chef ? " Je vous obéis, chef " répond le musicien ; vous avez dit : Allez Gros ! Y a-t-il un plus gros que moi dans la société ! .

1920 et la savoureuse histoire de l'inénarrable "  Baptiste le Piston  " est unique.

Les " musiciens" étaient en place sur le kiosque de Lille, un absent, le soliste pour piston.

Enervement, attente, colère, le chef n'y tenant plus prend sa baguette et commence ; stupeur et soulagement, des sons arrivent d'un endroit insoupçonné... un arbre voisin.

En effet, dans l'enchevêtrement des branches, mon Baptiste le piston était juché et jouait bien tranquillement son solo.

Il n'a jamais parlé de sa conversation tumultueuse avec le chef suite à son exploit.

Les musiciens, tous amis, aimaient faire des blagues. Voici celle qui arriva au fils du chef ,âgé d'environ cinq à six ans.

Deux bons musiciens, sachant qu'il ne connaissait pas la musique, lui apprirent à souffler dans un instrument. Il lui dirent alors : " Pourquoi ne viendras-tu pas à la répétition ? Mais je ne sais pas lire les notes répondit le petit,  cela ne fait rien, quand tu devras jouer, on te cognera du coude ! ". Sitôt dit, sitôt fait. Voilà le fils cadet au pupitre entre les deux lascars.

Lorsque le chef monta, il ne vit pas son rejeton, caché qu'il était par les partitions.

" Bon ", dit-il après avoir frappé de sa baguette sur son pupitre de direction pour réclamer le silence, "  nous attaquerons 'Tanhauser à la XI ème mesure  ". Le bambin attendait le signal, et lorsque celui-ci fut donné, il émit, de toute la force de ses jeunes poumons, une série de "  couac  " plus sonores l'un uns que les autres.

Le chef, surpris, tapa de sa baguette sur le pupitre pour arrêter l'hémorragie de sons discordants et dit " Alors, que se passe-t-il, les premiers bugles ? On reprend  ".

Déjà, certains se retenaient de rire. On reprit. Le même concert de fausses notes agressa le chef qui, furieux, arrêta de nouveau la répétition.

Quelques rires, trop longtemps contenus, fusèrent dans la salle.

Le chef, qui commençait à comprendre, se haussa sur la pointe des pieds et vit son garnement de fils, le bugle à la main, le sourire aux lèvres, tout fier de ses premiers sons pas du tout musicaux.

Prenant alors son air le plus sévère, le père fusilla le fils du regard, et lui montrant la porte d'un doigt autoritaire, lui lança un "  ouste  " retentissant.

Le gamin fila, sans demander son reste, et alla se mettre au lit.

Quant aux deux musiciens, inutile de dire qu'ils eurent droit à tout autre chose qu'à des félicitations.

                                                                                                                                           Source :

Maison du Peuple de Wihéries.

 

Copyright PL 20-02-2006