Le village

Le village de Wihéries, comme nous le verrons, existait probablement au début de notre ère.

En 98 après J.C., une villa romaine fût bâtie sur la colline dite  « Mont-d' Elouges  », les matériaux employés étaient des pierres que l'on extrayait déjà à Wihéries. Deux aqueducs venant de Wihéries raccordaient cette villa aux sources environnantes ; deux sentiers qui entouraient notre village la reliait avec Bavai, l'un passait par le Préfeuillet et l'autre par Montignies-sur-Roc.

Entre 180 et 193, les villas romaines furent détruites probablement par une révolte d'esclaves réprimée aussitôt. Les populations éparpillées par ces événements se rétablirent à proximité ; les villas construitent à cette époque ont des fondations moins solides et leurs étendues sont réduites.

Les Francs qui envahirent notre pays s'établirent le plus souvent sur l'emplacement de ces nouvelles villas. Ils construisaient des habitations en forme de ruche, faite avec des pieux plantés dans la terre, les interstices étaient remplis avec de la terre glaise mêlée de paille ; une ouverture servait à la fois d'entrée, de fenêtre et de cheminée. Autour se groupaient des huttes moins soignées des esclaves ou des serfs, et à côté des enceintes en palissades pour enfermer les bestiaux.

Ce sont les rudiments de nos fermes actuelles, les enceintes sont devenues nos enclos ou courtils, et l'accumulation des bâtiments n'a guerre changé.

Les francs avaient installé leurs fermes dans les campagnes, séparées les unes des autres par des distances assez élevées afin que le bétail ne se mélange pas et que la nourriture soit toujours assurée. Les grandes fermes en pleins champs : «  Le Saulçoir, Rampemont et la cour à Wihéries  » ont probablement vu le jour à cette époque.

L'appartenance de Wihéries à l'abbaye de Saint-Ghislain, est attestée par de nombreux documents anciens, d'après certains historiens, notre village faisait partie du domaine Royal d'Hornu qui fût cédé à l'abbaye par Dagobert I er , d'autres prétendaient qu'Eléphas, chef franc, parent de Charlemagne, possédait des biens dans tout le canton de Dour, dont Wihéries en 805, il devint abbé et fit don de ses biens à l'abbaye.

Sur l'emplacement des anciennes villas, l'abbaye fit construire des fermes qui cultivaient pour le compte des religieux. Ces fermes s'appelaient en latin «  Grangio  » «  Curtis  » ou «  courts  » en langue franque.

Vers la fin du IX ème siècle, les Normands envahirent notre pays ; pour ce protéger, les seigneurs, successeurs des chefs francs et les moines fortifièrent leurs biens.

Le nom de Wihéries a subi plusieurs altérations depuis les origines : Gathiride ( 1118 ), Guilleries et gliveries ( 1120 ), Wuileries et Wileries ( 1181 ), Waherioe ( 1184 et 1186 ), Wahéries et Wéheries dans des actes postérieurs.

Hocq pense que le village s'explique par « Wie  » ( scie ) et le suffixe « erie  ».

Arnould cite «  Williharacas  », terre ou biens ayant survécu à un certain Willihari.

L'ancienne forme du nom, Guisseries, se rapproche de celui du village français de Guissignies, et suggère comme explication celle du «  pays d'un dénommé Gui  » ou Guillaume, ce qui rejoint la thèse première. Mais on dit aussi que le nom tirerait son origine de Vignerie. Ainsi, Wihéries pourrait avoir abrité, comme Roisin, des coteaux porteurs de raisin. Ou vouloir dire, tout simplement, un terrain de prairies, pour s'en référer à la racine germanique.

Il existait déjà en ce lieu-dit un oratoire dit «  le monastère  ».

Par la charte-loi de 1410, le village fut élevé au rang de commune, avec Mayeur et Echevins. La population, peu élevée, ne groupe que 35 feux «  foyers  » en 1244, pour passer à 1160 habitants en 1816 et atteindre le chiffre record de 3.195 âmes en 1910.

Un relevé du 15 janvier 1733 nous apprend que l'on trouve sur la localité quatre propriétaires-carriers : Philippe de Lattre, de la Courte à Wihéries, Mayeur de la commune, qui extrait près du ruisseau du Busquet ( sa carrière s'étend sur 22 verges et demie et possède une profondeur de 19 pieds ). Au Nord, au «  trau à cayaux  », il y a Jean Descamps et consorts ; A l'est, une petite tenue appartient à Jean Crochet, et dans la même direction, un trou plus petit encore ( sept verges et demie ) est exploité par Eloy Joly, dont la famille a fait alliance avec les seigneurs de Dour depuis le XVI ème siècle.

A cette époque, Wihéries se ventile en 47 huitelées et 27 verges (au Prince de Wihéries ). Un fossé sépare nettement les deux communes réunies sous la mitre du Prince Abbé de Wihéries.

Copyright PL 20-02-2006